Jean-Pierre Bolle : une vie d’engagement et de bénévolat associatif durant 65 ans !


Soutien actif de longue date dePierre Mauroy, Jean-Pierre Bolle est adhérent de l’Institut Pierre Mauroy depuis la création de notre association en 2013. Aujourd’hui nonagénaire, il a récemment fait l’objet dans L’Echo des Vosges, un hebdomadaire de sa région, d’un article qui retrace son long parcours de militant actif au sein de nombreux mouvements de jeunesse dont la Fédération Léo Lagrange où, pendant de longues années, son action s’est constamment inspirée du projet éducatif et sociétal conçu par Pierre Mauroy au milieu du siècle précédent en faveur d’une gauche humaniste, sociale et émancipatrice.


Une vie d’engagement et de bénévolat associatif durant 65 ans !

Depuis l’âge de 20 ans, Jean-Pierre Bolle, ancien professeur au collège d’Eloyes, est un retraité qui a carburé à l’altruisme. Sa devise est d’ailleurs une pensée de Diderot : «L’homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d’un plus grand nombre d’autres » Et cette citation reflète parfaitement l’activité de ce bénévole engagé. « Dans le monde associatif, j’ai connu beaucoup de satisfactions… même si j’ai avalé aussi quelques couleuvres » déclare-t-il, revenant plus volontiers sur «des amitiés sincères et une fraternité intensément vécue» qui ont marqué 65 années d’actif bénévolat. Plus d’un demi-siècle d’engagement auquel, en 2022, il a décidé de mettre un terme !

L’hérédité a certainement influencé la vie militante de cet enseignant attaché aussi au socialisme et à la culture protestante. « Mes parents, instituteurs à Ventron puis à Éloyes, m’ont certainement donné le virus. L’un et l’autre étaient très actifs dans le domaine post et périscolaire et dans le domaine sportif. C’est donc tout naturellement qu’à 18 ans, il passe le Bafa (brevet d’animateur) et commence à encadrer en Bretagne des colonies de vacances de la FOL (Fédération des Œuvres laïques). À 21 ans, il s’engage dans le mouvement des Francs et Franches Camarades et, très vite, le président Roland Naudin lui confie durant les vacances d’été l’encadrementd’un camp d’adolescents dans le Pays basque. Peu après, il crée à Éloyes un « club franca » qui rassemble des adolescents dont plusieurs deviendront moniteurs au « centre aéré » que le couple Bolle va diriger, durant douze ans, en juillet et en août, au collège nouvellement construit. De nombreux « Loyats » se souviennent encore avec émotion de ces journées de loisirs appréciés. Ce fut d’ailleurs un succès total pendant une bonne dizaine d’années et plus de 150 enfants d’Eloyes et de Saint-Nabord fréquentaient les deux sessions de juillet-août !

En 1980, il est attiré par le projet éducatif et sociétal de la Fédération Léo Lagrange car il est resté attaché à une gauche humaniste, sociale et qui émancipe. Il reste d’ailleurs fier d’avoir fait fructifier avec bonheur, à Eloyes, l’héritage laissé par Pierre Mauroy. De 1983 à 1987, dès le début de sa mise à disposition de la Fédération Léo Lagrange par l’Éducation Nationale, pour développer ce mouvement en Lorraine, il fit partie du petit noyau des fondateurs de l’Union Nationale Sportive Léo Lagrange, fédération sportive qu’il présida d’ailleurs de 2000 à 2008 et dont il est maintenant président d’honneur. Ce fut un des temps forts de sa vie militante et il évoque encore avec émotion les rendez-vous constructifs avec les ministres des Sports, avec Nelson Paillou, président du CNOSF (Comité national olympique et sport français) et son amitié avec le président du CROS de Lorraine Robert Pérussel, avec la présidente du CDOS (Comité départemental olympique et sportif) des Vosges), Christiane Cotinaut. Jean-Pierre Bolle fut d’ailleurs élu pendant quatre ans au CROS de Lorraine et fut, pendant huit ans, secrétaire général du CDOS des Vosges. Les soutiens sans faille de son fidèle ami Robert Bernard, ancien maire de Saint-Dié et de Pierre Mauroy, fondateur de la Fédération Léo Lagrange, sont pour lui inoubliables. Jean-Pierre Bolle a d’ailleurs toujours été très attaché et très proche de ce Premier ministre. Il n’oublie pas non plus que Claude Thiriet, le député « coco » Spiller, son vieux copain depuis le lycée, les maires d’Eloyes, Christian Poncelet et le conseil général ont toujours été attentifs à ses demandes de soutien et il est toujours resté plein de reconnaissance pour ces personnalités.

Européen convaincu, Jean-Pierre a créé les jumelages du club Léo Lagrange d’Éloyes avec les clubs de marche de Weil am Rhein en Allemagne, de Leudelange au Luxembourg, de Winenne en Belgique et deWil en Suisse. Professeur d’’allemand au collège René Cassin, il ya initié les premiers échanges scolaires avec l’Allemagne. Durant 17 ans et jusqu’à sa retraite, les élèves de 4eet 3e ont bénéficié d’un bain linguistique avec leurs correspondants de Pforzheim. Entre Jean-Pierre Bolle et ses collègues allemands une réelle et profonde amitié a perduré : chaque année, ils se rencontraient tantôt en Forêt Noire, tantôt dans les Vosges et plus spécialement à Ventron, car le père de Jean-Pierre fit partie des déportés de cette commune qui a entretenu des liens réguliers avec cette ville allemande qui a aussi beaucoup souffert de la dernière guerre. Mais tous ont vieilli, d’autres sont décédés et les contacts sont devenus beaucoup plus rares.

Un autre volet de cette activité internationale concerne des contacts étroits avec la Roumanie et plus spécialement la ville de Gaesti dans le département de Dambovita. Ce fut une autre réussite à inscrire au palmarès de cet humaniste. Dès la chute de Ceausescu, et durant une dizaine d’années, sous son impulsion, le club Léo Lagrange d’Éloyes organisaune douzaine devoyages humanitaires et fut une des premières associations lorraines à accueillir des écoliers et lycéens de cette ville industrielle à l’époque assez polluée. Les écoles et lycées de Gaesti reçurent une importante dotation d’équipement sportif, pédagogique, informatique et culturel. L’ambassade de Roumanie à Paris et la municipalité de Gaesti ont reconnu la qualité de ce soutien.Jean-Pierre Bolle, en juin 2002, lors d’une mémorable cérémonie encore teintée d’un ordonnancement très soviétique, fut élevé au grade de ˝citoyen d’honneur˝ de cette cité roumaine. Actuellement, les contacts entre quelques familles durent toujours. En juin 2015, M. Bolle a encore organisé un voyage touristique qui a enchanté les participants, tous adhérents de l’AREP (Amicale des Retraités de l’Enseignement Public des Vosges)… une association départementale qu’il a été contraint de dissoudre, faute de successeur, après l’avoir présidée pendant 27 ans. Cet inoxydable bénévole associatif en a d’ailleurs été affecté car il avait prévenu depuis deux ans qu’il passerait définitivement le flambeau lors de l’assemblée générale du 16 mars 2022, année du centième anniversaire de cette association vosgienne

Les mérites de ce militant furent officiellement reconnus : M. Bolle est officier dans l’ordre des Palmes Académiques, titulaire depuis 1995 de la médaille d’or du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Engagement associatif. Il reçut plusieurs autres distinctions : la médaille de la Fédération Léo Lagrange que lui a remise Pierre Mauroy lors d’une cérémonie à l’Assemblée nationale, la médaille d’argent de la Fédération du bénévolat, de la Fédération de tennis de table et des distinctions de villes françaises où avaient été organisés, durant sa présidence, des challenges nationaux sportifs Léo Lagrange de volley, pétanque, tennis de table, futsal et badminton. Simple rappel, le club Léo Lagrange d’Eloyes a en plus organisé deux challenges nationaux (pétanque et volley) et, à Épinal, de tennis de table, avec le soutien apprécié du maire, Philippe Seguin. Et, pour ces trois manifestations, le club a reçu maints témoignages de satisfaction. Mais, fin 2022, ne pouvant plus cautionner la gestion et l’activité du club qu’il avait fondé en 1979 à Eloyes et présidé pendant trente ans, Jean-Pierre a quitté cette association qu’il aimait… et ce fut pour lui un véritable crève-cœur. Mais, depuis peu, il a été ravi qu’un nouveau président, Eric Fuchs, remette le club sur les rails de la prospérité. Dernier engagement, il est membre d’honneur de l’association vosgienne « France-Togo Hola Habobo » (soutien à l’enfance d’un village du Togo, Layé Kondji, et aide à la scolarisation… en français).

Mais Jean-Pierre a toujours tenu à souligner le rôle primordial de son épouse Nicole, qui a quotidiennement partagé son engagement et sans laquelle rien n’eût été possible. Cette ancienne prof de math, décédée fin novembre 2923, était également officier dans l’Ordre des Palmes Académiques et médaillée de la Jeunesse et des Sports. Remplacer un couple aussi engagé et aussi dynamiquen’était pas simple : il s’était tant investi dans un environnement sociétal où règne parfois l’égoïsme et dans un milieu associatif qui compte parfois et trop souvent – dit-il – plus de ˝clients˝ que d’adhérents prêts à se dévouer !